21 février 2006
Vous n'allez probablement pas
=> Croire mais...
Dans la vraie vie, la vie où j'ai
une odeur, je ris beaucoup. Je souris, je fais des calembours, je vis
avec deux énergumènes jamais en mal de jeux de mots idiots. J'ai a peu
près un fou-rire par jour, et j'entends une bonne blague par semaine.
Je pétille, je virevolte, je rouspète, je danse, je fais des
chorégraphies ( et chacun sait que danser et faire des chorégraphies,
c'est pas du tout la même chose).
Seulement, je n'ai aucun talent pour écrire mes moments de vraie vie, ceux où je souris.
Et puis d'ici ou de la vie ou j'ai un parfum, quelle est ma vie la plus vraie?
Pourquoi tu ne veux
=>Pas d'enfant ?
Parce que je n'ai pas l'impression que ca rendra ma vie meilleure
Parce que je ne pense pas que la vie soit un joli cadeau
Parce que je pense faire une très mauvaise mère.
Parce que faire des enfants c'est les éduquer et leur servir d'exemple.
Parce
que même si un parent sert aussi d'exemple de ce qu'il ne faut pas
faire, il y a toujours un risque qu'il vous copie dans les choses que
vous ne vouliez pas du tout transmettre.
Parce que si ca arrive, je ne peux pas me résoudre à me dire "tant pis, j'aurai essayé".
Parce que si ca arrive, je ne veux pas être haie par la chair de ma chair comme je peux hair ma mère.
Parce que j'ai déjà été maman.
10 février 2006
La solitude de moi
= > Après le manque de moi.
Séance chez la psy. Des
larmes, comme d'habiture. 15 jours sans, ca fait un joli seau à sortir.
Pas envie de parler avant d'y être. Comme d'habitude. Et puis en fait,
bien trop de choses à dire. Et aucune occasion de les sortir en dehors.
Comme d'habitude.
Des révélations. Comme d'habitude.
J'ai grandit
seule. Seule à jouer, seule à pleurer, seule à m'interroger, soliloques
et interrogations d'enfants jamais posées. Seule à penser, seule à
raconter ma journée, seule à me demander pourquoi je suis si seule.
Seule à ma faire à manger, seule à me coucher, seule à me lever. Seule
de tout le monde, sauf de moi. Seule d'une mère, d'un père, d'un cadre,
d'un répondant, d'un non et d'un c'est très bien. Mais pas seule de
moi. Auto-accompagnée.
J'ai cherché des amis. J'en ai eu pleins. J'en ai toujours un tas. J'ai cherché des modèles, des figures parentales, des poteaux pour me jeter dessus. Avec un succès fluctuant. J'ai aimé, j'ai cherché à être aimée. J'ai été aimée. J'ai eu des mecs, des amants, des passions, des amours, des Amours.
Je cherche sans arrêt la compagnie d'autrui. Seule 3 minutes, j'ai besoin de mon téléphone. Une journée chez moi, c'est internet ou la mort. La télé en bruit de fond, la radio dans mon bain.
J'ai découvert que j'étais résistante à beaucoup de choses. Au manque, au désespoir, à la terreur, à la peine, àla perte, à la solitude des autres. Au perpétuel sentiment d'extraneité. Au côté décalé. Je résiste à la douleur, physique et morale. Avec beaucoup de larmes, de cris, de geignements et d'endurance.
Il y a pire que la solitude au milieu de la foule. Il y a pire que le sentiment d'évanescence, la déchirure avec la personne qu'on aime, la perte d'un parent, d'un espoir, d'un ami, d'une envie ou d'un projet.
Perdre ma solitude avec moi-même
m'asphyxie. Ma solitude avec ma pensée, mon esprit, mes habitudes, mes
mots, mes douleurs, mes ruminations et mes danses dans la cuisine. La
solitude des autres, c'est pas terrible. Perdre le désir de la solitude
des autres, ca donne un gout fade à l'existence. Ma solitude avec
moi-même, celle de quand j'étais enfant, de quand je voulais voir des
gens, avoir des frères, avoir un père. La solitude de mes jeux tristes.
Me manque.
Le monde m'emmerde
=> Et c'est rien de le dire.
Les jours passent sans que je les compte.
Les gens m'emmerdent. Leur bruit, leur odeur, leur pensée, leur existence, leur attachement, leurs principes.
Je me sens comme dans une boite de nuit surchauffée, arrêtez la terre, je veux descendre.
Le dégoût. La nausée.
L'asphyxie verbale. Tout dans la tête, rien dans la bouche.
Le temps est
=> Assassin, élastique, à l'orage.
Ces journées qui
passent sans que je les voie, ces nuits passées en un battement de
cils, ces matinées où je n'ai pas avancé. Ces semaines avec beaucoup
moins de 7 jours, ces w-e avec beaucoup moins de deux nuits. Ces
trajets qui ne font certainement pas 20 minutes. Trop court.
Cette
conversation, yeux dans les yeux, avec un collègue sur un quai de
métro, ce bruit de rames de métro que j'ai l'impression d'avoir entendu
20 fois alors que je suis là depuis 3 minutes, ces secondes au
téléphone qui me semblent des éternités. Très long.
Mon temps est élastique, ma vie est trop longue mais mais journées sont trop courtes.
Mon temps est assassin, il gobe à tous jamais ces instants présents.
Mon temps est à l'orage...