24 juin 2006
Chroniques Sociales IV
=> Now Introducing Mister D.
Monsieur D. a 73 ans, un
passé de musicien reconnu et un chat. Monsieur D. touche une petite
pension. Et surtout, Monsieur D. a des ennemis et de pertes de mémoires.
Son
propriétaire, pour commencer. Un an qu'il essaye de mettre fin au bail
de façon légale et que Monsieur D. continue à occuper le logement. Le
propriétaire entre même dans l'appartement pour frapper et empoisonner
le chat. Alors Monsieur D. dépose des plaintes à la police, fait des
main-courantes.
Monsieur D. perd sa carte d'identité. Tous les 6
mois. En refais une. Oublie d'aller la chercher. Masque ses oublis en
inventant des histoires d'argent ou de fonctionnaires mal-intentionnés
qui refusent de la lui donner gratuitement.
Monsieur D. se fait
régulièrement agresser. Voler son argent. Qu'il garde entièrement en
liquide dans ses poches parce qu'il se méfie des banques et surtout des
cartes de retrait! On pourrait la copier et lui voler son argent sur
son compte.
Monsieur D. fait régulièrement le tour de la Belgique.
Chaque début de mois en fait. Se rend à des rendez-vous imaginaires,
avec des amis dont il n'a plus entendu parler depuis longtemps.
S'étonne de ne pas voir ses amis au rendez-vous et leur en veut après.
Monsieur D. pense que je fais partie de la CIA. Et que je suis mariée avec un américain. L'un entraînant l'autre, évidemment.
Monsieur D. pense que je lui vole ses papiers.
Monsieur D. pense que je veux l'enfermer avec les fous.
Monsieur D. pense que je vole son argent.
Monsieur D. pense que son médecin ne veut pas le recevoir. Ne se rend pas à son cabinet, s'invente des rendez-vous capitaux.
Monsieur D. ne va pas chercher un avocat parce qu'un homme dans la rue lui a promis d'assurer sa défense.
Monsieur D. cherche du travail. Pas un logement.
Monsieur
D. est accosté dans la rue par des restauratrices florentines qui lui
proposent de venir exercer ses talents de peintre à Florence.
Monsieur
D. est connu de l'ONU. Des experts sont venus évaluer ses toiles et ont
déclaré qu'elles valaient des millions. Mais ont refusé de les acheter
parce qu'il sera nettement plus juteux d'attendre sa mort pour s'en
emparer impunément et gratuitement.
Monsieur D. a des acoitances
avec Sotheby's à New-York. Il va d'ailleurs y vendre un instrument de
musique rarissime et hors de prix. Un million d'euros, au moins. Et
pour faire traverser l'ocean à cet instrument, il va tout simplement le
déposer dans la valise diplomatique.
Monsieur D. oublie qu'il a payé
son loyer, oublie qu'il a des dettes, oublie qu'il a un limitateur de
puissance sur son gaz et son électricité. Il oublie de se nourrir, de
se soigner, de soigner le chat.
Le petit chat est mort.
Monsieur D. pas encore.
Entendez-vous dans nos campagnes
=> Rugir les féroces soldats
Question : Quel pays a organisé lors des JO une épreuve sur le site antique d'Olympie?
Réponse du candidat (après de longues secondes d'hésitation) : Albertville.
Question : Qui de Wallace ou Gromit dans le film du même nom se transforme en lapin-garou?
Réponse du même candidat ( décidément très inspiré) : Roger Rabbit.
Question : Quel monument en verre a été édifié dans la cour Napoléon du Musée du Louvre?
Réponse de la candidate (qui ouvre de grands yeux ébahis) :.... Je passe.
Merci TF1
Groovor
=> Dieu du Groove
Etends ton doigt divin sur mes cuisses molles.
Demain, je prends un cours de danse avec mes deux copines de toujours.
Un cours de.... DANSE! ce truc ou des pintades gesticulent avec le string AU DESSUS DU COLLANT.
Dans le lieu où la HYPE sent la transpiration!!
Et en plus, quand j'ai apellé pour connaitre les derniers renseignements, on m'a répondu que je devais avoir un petit essuie pour les appareils. Je vais danser sur une barre? Est ce que le podium peut-etre considéré comme un appareil?
J'ai peur. Mes mollets gras en frémissent. Sans parler de la peau de mon bidou qui bloblote.
Je vaincrai. Je serai une trentenaire active, musclée, la cuisse fuselée, le mollet léger, la démarche souple, chaloupée et séduisante.
Dieu du Groove, aie pitié de mes hanches empâtées.
Glamourama
=> Je suis une star au quotidien. Ou pas.
Je suis surtout amoureuse. Et j'aime les blagues débiles. J'ai donc deux bonnes raisons de bêler bêtement aux blagues de mon amoureux ( drôlissime au demeurant).
Plantade de décor : Mon amoureux et moi à Monaco.
Pour
l'occasion, j'ai revêtu des habits de lumière : tee-shirt assorti au
sac et aux chaussures, lunettes de soleil sur le nez. Avouons-le, je me
la donne grave. En même temps, je suis à Monaco ou je n'y suis pas.
On
planque la voiture dans un parking, pensez, une vulgaire Citron au
milieu des Guépards,Fourche z-et autres berlines à énormes cylindrées.
Nous mangeons une glace de riche en tentant de rester chic, je suis
Cendrillon, ayons l'air de rien, faisons comme si c'était habituel. Je
bave sur toutes les boutiques. Beaucoup moins glamour mais bon, je suis
prolétaire, il y a des symptômes qu'on ne peut éviter.
Nous descendons derrière le casino, nous risquons même un pas de tango. La coolitude est en nous, je suis le glamour incarné.
Mon
chicissime et truculent amoureux émaille notre conversation glamour de
traits d'esprits, auxquels je souris franchement ( cette année, il
n'est pas glamour de faire la gueule. Lisez vos magasines, le chic, le
vrai, le paillette, le tendance, c'est de SOURIREUH).
Donc, je suis trendy à mort, souriante et lunettée.
Mais... dès qu'une peau de banane se présente devant moi, il faut que je me précipite dessus. Avec classe.
Mon
amoureux trendy ( lui aussi) me glisse donc, entre deux sourires
fashion, qu'il détient le 6ème sens. Le même que celui des chevaliers
du zodiaque qui fait que quand la situation est désespérée, ils s'en
sortent quand-même. Je suis amoureuse et trendy, donc je souris de
toutes les dents que je peux montrer.
Et là, décidé à être le plus
glamour de nous deux, le fourbe chic qui m'accompagne m'achève en
m'annoncant qu'il détient le 6ème sens qui lui permet de savoir des
choses insoupçonnées, telle que "qui a pété"!
Et là, oubliant, la fashion chic ultra glamour héroine que je suis, j'ai éclaté d'un rire de hyène pas trendy du tout.
Tout mon chic est parti dans les larmes noireatres teintées au mascara.
Etre une héroine du quotidien n'est pas donné à tout le monde.
Vacances
=> J'oublie tout.
Toulouse - Montpellier - Nîmes - Aix - Nice - Antibes - Monaco - Aix.
Les
grands parents maternels, agriculteurs émigrés d'Italie, qui
vieillissent. Le grand-père qu'on entend plus beaucoup... Un peu parce
qu'on ne l'écoute plus beaucoup. Sa petite voix haut perchée qui
chevrote mais son regard qui n'a rien perdu de sa vivacité. Sa joie de
revoir son petit-fils.
L'oncle préféré et sa femme, couple de 60
ans, dynamique, enfin debarassé des enfants grands et qui ont le gout
du voyage et les idées jeunes.
La cousine, jeune mère d'un petit bout d'un mois. A peine plus agée que nous.
Sa mère, sa soeur.
Son père, ses grands parents paternels.
Et ce pays, si particulier, ces montagnées boisées ou pelées par les incendies, la plage de laquelle on voit la montagne enneigée. Cette marche en montagne, où on pouvait toucher la neige encore sur le bord du chemin.
Des fous-rires avec lui. Des mises au point aussi. Beaucoup de sommeil.
Toulouse - Montpellier - Nîmes - Aix - Nice - Antibes - Monaco - Aix.
3 minutes d'arrêt.